RAPPORT FINAL ATELIER DE CAPITALISATION

OSIWA
RAPPORT SUR ATELIER DE CAPITALISATION DES ACQUIS DE LA FORMATION DES OSC ET MEDIAS SUR LA JUSTICE TRANSITIONNELLE ET LA RECONCILIATION EN GUINEE
APPUI FINANCIER : OSIWA (Open Society Initiatives for West Africa)
REALISE PAR : L’équipe du projet / FONGDD
PERIODE : 09 AU 10 JUIN 2014 A L’ENI DE KINDIA
Consultant : Barry Ibrahima Ibar3fr@yahoo.fr 628 29 18 06

OSIWA0. Résumé
Dans l’ensemble, les participants sont satisfaits et bien outillés pour accompagner le processus de réconciliation nationale en guinée et dans leurs localités respectives. En effet, ils ont la maîtrise du concept de la justice transitionnelle, son fondement et son mode opératoire au même titre que les mécanismes des consultations populaires devant être activés dans le cadre de la dynamique de réconciliation. L’atelier de capitalisation a permis donc aux points focaux des préfectures de présenter leurs bilans. Même si ces derniers ne sont pas élogieux faute de moyens et de ressources, il faut dire que la quasi-totalité des points focaux ont néanmoins procédé à la vulgarisation du concept de la justice transitionnelle qui est en parfaite harmonie avec le souhait des citoyens de voir le pays réconcilié avec lui-même. A cet égard, les points focaux s’emploient à influencer positivement à l’intérieur de leur structure de base.
L’accompagnement de OSIWA a été salué et apprécié à l’unanimité, car disent ils, le renforcement de leur capacité d’intervention en matière de justice transitionnelle est un acquis certain et une approche de construction de la paix.
Les autorités administratives rencontrées lors des cérémonies d’ouverture et de clôture ont adopté la justice transitionnelle comme une approche novatrice et une opportunité pour faire avancer la réconciliation nationale.
L’évaluation globale a été positive en termes de participation, d’acquisition de nouvelle connaissance et d’engagement personnel des uns et des autres à soutenir le processus.

I. Introduction
I.1 Contexte de l’atelier,
L’atelier de capitalisation et de consolidation des acquis en matière de justice transitionnelle qui fait l’objet du présent rapport est l’aboutissement d’un processus de formation en la matière. En effet, au cours du mois de novembre 2013 avec l’appui financier et méthodologique d’OSIWA, des sessions de formation sur la Justice Transitionnelle et la réconciliation nationale ont été organisées au profit de certains acteurs de la Société civile et des médias au niveau des régions administratives.
Les 33 préfectures et 5 communes de Conakry y ont pris part à travers des hommes et des femmes issues des structures de la société civile. (Forum des ONG, réseaux, acteurs de paix, journalistes, et communicateurs traditionnels). Ces participants bénéficiaires du renforcement de capacités en JT constituent aujourd’hui pour le forum des ONG les POINTS FOCAUX en ce qui concerne la Justice transitionnelle et la réconciliation nationale.
Il faut noter que la mission de ces points focaux est de contribuer de façon remarquable à la dynamique des consultations citoyennes et la réconciliation nationale dans le cadre des activités quotidiennes, mais aussi et surtout de celles de la commission nationale provisoire ou définitive de la réconciliation nationale.
I.2. Fondement et pertinence :

La République de Guinée a été affectée ces dernières années par une succession de crises caractérisées par la rupture du dialogue social, la paupérisation et la mauvaise gouvernance. La recherche des solutions à ces crises multiformes ont abouti en janvier 2010 à la signature des accords de Ouagadougou dont la mise en œuvre a permis l’élection du premier président démocratiquement élu dans l’histoire du pays.

Ces crises souvent déclenchées par des évènements spécifiques ou aggravées sinon instrumentalisées par certains responsables ou de simples citoyens, ont été émaillées de multiples cas de violations de droits de l’homme. Cependant, des associations de victimes ainsi que des groupes de pression ne cessent de réclamer justice et réparation.

Les institutions politiques émanant des élections de novembre 2010 se sont donc lancées dans un processus de réconciliation nationale, notamment à travers la création d’une commission provisoire sur la réconciliation. Nul ne doute aussi de la volonté des partenaires au développement quant à leur appui technique et financier allant dans le sens de parfaire ce processus et de le rendre consensuel et effectif.

Les parcours des processus de réconciliation nationale observés dans d’autres pays africains et ailleurs renseignent que la justice transitionnelle est une donne indispensable et un paramètre de succès sous-tendant les efforts politiques pour une cohésion sociale et pour satisfaire les exigences de justice exprimées par les victimes.

C’est dans cette optique que le FONGDD et OSIWA ont jugé nécessaire de capitaliser les acquis sur les questions de la justice transitionnelle en vue d’une réconciliation nationale effective et réussie.

I.3 Objectifs et résultats attendus.

 Objectifs spécifiques :
• Renforcer la compréhension des points focaux (médias et des OSC) sur leurs responsabilités dans le succès du processus de réconciliation nationale ;
• Identifier les poches de résistance au processus de réconciliation nationale (risques et opportunités) ;
• Amener les participants a un engagement citoyen et militantisme pour conduire à bien le processus de réconciliation nationale ;
• Introduire le processus des consultations comme étant le maillon clé du processus de réconciliation nationale.

 Résultats attendus
• Le lien entre la justice transitionnelle et la réconciliation nationale est établi et comprise par les participants ;
• Les expériences des 38 participants sont partagées et capitalisées ;
• Les obstacles, les opportunités et les défis liés au processus de réconciliation sont connus et capitalisés ;
• Les propositions sont faites assorties de recommandations pertinentes ;
• La notion de consultation nationale est comprise par l’ensemble des participants

II. Méthodologie et déroulement

Différentes séquences participatives ont ponctué le déroulement :

– des cérémonies d’ouverture et de clôture ;
– des exposés sur PowerPoint ;
– des travaux de groupe ;
– des plénières pour la restitution des réflexions de groupe ;
– de l’évaluation de l’atelier

III. Les résultats de l’atelier
Ces résultats sont généralement d’ordre Cognitif (acquisition de savoir) et affectif (aptitude nouvelle) qui renforcent le potentiel humain constitué en un tout cohérent : de savoir, d’expérience et d’aptitudes et qui se résument comme suit :
3.1 Le bilan des points focaux.
A travers les exposés des points focaux, il ressort ce qui suit :
• Le niveau d’exécution des plans d’action apparait faible car les activités sont dilués dans un bilan global réalisé au quotidien dans le cadre des négociations et résolution de conflits à des niveaux divers et variés : communautaire, familial, domanial et même interpersonnel.
• Dans cette dynamique, les acquis de la formation sur la justice transitionnelle et la réconciliation nationale ont servi de base méthodologique.
• Toutefois, les points focaux ont quelque peu souffert d’une illusion de manque de légitimité alors que celle-ci est fondée sur leur appartenance aux Organisations de la société civile reconnues.
• La spécificité de la thématique Justice transitionnelle et réconciliation nationale et la sensibilité qui s’y rattache sont bien perçues par les points focaux.
• La fonction de point focal est suffisamment comprise et par les points focaux eux-mêmes et par l’ensemble des autres acteurs au niveau local à cause de son importance et sa visibilité.
• Le positionnement des points focaux dans la dynamique des acteurs au niveau local est plus affirmé.
3.2 La consolidation des acquis

L’atelier à permis de renforcer les acquis à travers le vécu des participants partagé en plénière et la projection des expériences de quelques pays voisins (cas du Togo et de l’Afrique du Sud par exemple).

• La compréhension des points focaux sur leurs responsabilités dans le succès du processus de réconciliation nationale est nette et sans équivoque : cas du bénin illustratif.

• Les participants ont compris que le processus de réconciliation nationale comporte des risques si l’engagement politique et citoyen n’est pas effectif mais ils estiment par contre que la présence de nos partenaires est une grande opportunité ;

• Le processus des consultations populaires est perçu comme étant le terreau nourricier du processus de réconciliation nationale.

• Les 38 participants ont partagé et capitalisé le niveau d’exécution de leur plan d’action ;
• Les obstacles, les opportunités et les défis liés au processus de réconciliation sont connus et capitalisés ;
a. Les activités réalisées par les points focaux :
 Large diffusion du concept « justice transitionnelle et la réconciliation nationale au niveau des OSC élargie aux services déconcentrés et partenaires dans leurs localités ;
 Prise de contact avec les autorités locales et administratives pour information et proposition de partenariat ;
 Sensibilisation des autorités sur le rôle de l’importance de la connaissance de la justice transitionnelle dans un processus de réconciliation nationale ;
b. Les obstacles :
 La méfiance de certains cadres vis-à-vis du concept qui est nouveau et dont les articulations ne sont pas aussi maîtrisées par les points focaux (faute de supports didactiques et moyens logistiques) ;
 La réconciliation nationale est perçue quelquefois comme une histoire de « réveil du diable ». Le sujet en lui même fait peur par endroit ;
 L’attitude de négation des conflits latents au sein de la société guinéenne ;
 La lenteur/lourdeur de la mise en œuvre de la politique relative au processus de réconciliation nationale ;
 La centralisation des activités de la commission provisoire de réconciliation nationale.
c. Les opportunités :
 L’existence de la volonté politique déclarée en faveur du processus de la réconciliation nationale ;
 La connaissance du concept de la justice transitionnelle et la réconciliation nationale par les acteurs de la société civile et les médias afin de contribuer efficacement au processus de réconciliation nationale et surtout au niveau des consultations populaires ;
 L’accompagnement dont bénéficient les OSC à travers l’appui des Partenaires Techniques et Financiers, notamment OSIWA, HCDH, le PNUD …… en particulier ;
 L’implication des autorités morales et leur engagement effectif.
d. Défis :
 De pouvoir mobiliser tous les acteurs et les populations en faveur du concept de la justice transitionnelle et la réconciliation nationale ;
 La mobilisation des ressources (humaines, matérielles et financières) nécessaires au fonctionnement correcte des points focaux ;
 Les points focaux doivent pouvoir réunir autour d’eux un potentiel humain et une masse critique d’information au niveau local en faveur de la justice transitionnelle et la réconciliation nationale en adoptant un plan d’action exécutif ;
 La dépolitisation de l’environnement social est un facteur déterminant de réussite du processus de réconciliation nationale ;
 Que les acteurs de la société civile soient, pour de raisons stratégiques et opérationnelles des partenaires incontournables dans le processus de mise en œuvre de la politique liée au processus de réconciliation nationale.

Dans la ville de Conakry, loge principale des tous les conflits ethniques et politiques, le bilan est jugé positif. (cf. rapport en annexe) Il apparait à ce niveau que le dialogue et la concertation sont les constituants essentiels du socle de la démarche Justice transitionnelle.
Au titre du bilan de l’atelier, il faut noter et saluer l’engagement des points focaux à s’impliquer dès leur retour dans la résolution de conflits connus et persistants tels que : le cas de SAORO, de ZOGOTA dans la région de N’Nzérékoré, Ndiarè à Mamou, et le conflit domanial intercommunautaire de Lélouma dans la région de moyenne guinée. Comme on le voit, le rôle de point focal de la justice transitionnelle et la réconciliation nationale est en train de prendre la place qui est la sienne dans le processus de réconciliation à tous les niveaux.
En ce qui concerne la démarche à suivre dans le cadre de la justice transitionnelle et la réconciliation nationale, tous les points focaux ont fait des propositions pertinentes qui tiennent compte des réalités socio-économiques, culturelles et politiques de leurs zones d’intervention. En identifiant les acteurs clé et en leur restituant tout le respect dû, conformément aux normes sociologiques comme porte d’entrée du processus
3.3 Les propositions et recommandations.
A travers une motion consensuelle (cf. annexes) les participants ont fait les recommandations suivantes :
• Aux Points Focaux issus du processus de formation en Justice Transitionnelle :
– D’être les vrais artisans de la réconciliation dans leurs localités respectives en s’impliquant activement dans la gestion des conflits dans la plus stricte neutralité ;

– De mettre en pace un plan d’action prenant en compte l’existence de tous les partenaires (Forces de Défense et de Sécurité, leaders religieux, conseils des sages, ONG, Projets) ;

– D’assurer le compte rendu périodique de leurs activités au Forum des ONG ;

• Au Forum des ONG pour le Développement Durable (FONGDD) :
– Assurer l’accréditation de l’ensemble des points focaux auprès des autorités localités en vue leur permettre de jouer leur rôle en toute sérénité ;

– Identifier les sources et les opportunités permettant aux Points Focaux l’acquisition des moyens matériels et financiers pour la mise en œuvre de leur plan d’action ;

– Mettre à la disposition des Points Focaux tout outil et moyen susceptible de faciliter l’accomplissement de leurs tâches ;

– Mettre en œuvre tout ce qui lui est possible pour se positionner comme Point Focal National, acteur de paix engagé dans le cadre de la réconciliation ;

• Aux partenaires Techniques et Financiers :
– De poursuivre leurs efforts d’appui en moyens techniques et financiers au Forum et aux Points Focaux (préfectoraux et communaux).

• Au Gouvernement :
– De procéder à la déconcentration du Ministère des droits de l’homme et des libertés publiques aux niveaux régional, préfectoral et sous préfectoral ;

– De s’engager fermement dans la lutte contre l’impunité sous toutes ses formes

– D’identifier et mettre en synergie tous les acteurs intervenant dans le processus de réconciliation ;

– De persévérer dans sa volonté politique de réconciliation nationale à travers la mise en place de la commission définitive de réconciliation nationale et le lancement des consultations nationales ;
Dans le souci de la préservation de la paix et de la quiétude sociale, les participants à l’atelier de capitalisation des acquis de la formation des Médias et des OSC sur la Justice Transitionnelle et la Réconciliation Nationale en République de Guinée demandent incessamment au gouvernement et à tous les acteurs (partis politiques, société civile), de relancer le cadre de dialogue avec l’opposition.

IV. L’évaluation de l’atelier :
La grille d’évaluation de l’atelier (cf annexes) que le 32 points focaux ont utilisé, porte sur : (i) L’appréciation du contenu et du programme (ii) la méthode pédagogique d’animation (iii) l’engagement des participants (iv) les actions concrètes à entreprendre après l’atelier (v) la perception du lien entre la justice transitionnelle et la réconciliation nationale.
Tableau des résultats :

Photo en plénière

V. CONCLUSION :
Etant donné que la Société Civile (avec l’appui de partenaire OSIWA) a mis en place un dispositif au niveau préfectoral et régional pour porter la dynamique de la justice transitionnelle et la réconciliation nationale, il est souhaitable que tous les acteurs nationaux et les partenaires techniques et financiers soutiennent l’initiative.
Au delà des résultats appréciables de l’atelier de capitalisation, un suivi rapproché et un appui sont nécessaires pour que la Justice Transitionnelle soit vulgarisée au niveau des Fonctionnaires de l’administration et des Lycées et Universités comme module de formation.

L’APPEL CITOYEN DES PARTICIPANTS A LA FIN DE L’ATELIER :
Tous les Guinéens sont victimes directement ou indirectement des violences du passé et même du présent, ils sont aussi auteurs directement ou indirectement. Alors, dialoguons, pour sauver notre maison Guinée : disons la vérité et pardonnons-nous pour l’avenir de notre Patrie.

VI. ANNEXES :
6.1 Discours des officiels
6.2 Motion des participants
6.3 Des résultats des travaux de groupe et les contributions par région
6.4 Rapports journaliers
6.5 TDR
6.6 Programme de l’atelier
6.7 Les normes de travail et l’organisation pratique des travaux de groupe
6.8 Fiche d’évaluation
6.9 Quelques photos
6.10 Liste de présence
6.11 Liste des points focaux

6.1. Discours des Officiels :
Discours de Mr Aboubacar Sylla, 1er Vice Présidente du Forum des ONG pour le Développement Durable « FONGDD »
– Monsieur le Directeur de cabinet, représentant de Madame le Gouverneur de la Région Administrative de Kindia ;
– Monsieur le PCROSC de Kindia;
– Monsieur le Représentant d’OSIWA en Guinée ;
– Chers collègues de la société civile ;
– Tout protocole confondu.

IL ya juste une année que des ateliers régionaux ont été organisés dans les différentes régions administratives de notre pays en faveur des OSC et des médias de proximité et dont le thème portait sur : « la Formation des Organisations de la Société Civile Guinéennes y compris les Médias sur la Justice Transitionnelle et la réconciliation nationale »

Nous voici une fois encore réuni afin de capitaliser non seulement les acquis des précédentes formations mais également faire des propositions allant dans le sens de contribuer à l’amélioration du processus de réconciliation nationale.

C’est le lieu de rappeler qu’au-delà du rôle joué par les acteurs politiques, les acteurs non étatiques ont contribué activement à l’atteinte des résultats liés à ce processus. Un processus de réconciliation nationale enclenché par les autorités du pays à travers :
 la mise en place d’une commission nationale provisoire de réconciliation ;
 La création d’un département ministériel de Droits de l’Homme et des Libertés Publiques ;
 Ouverture d’un bureau à Conakry du HCDH des Nations Unies ;
 La mise en place d’un fonds pour la consolidation de la paix au niveau du Programme des Nations Unies pour accompagner le processus de réconciliation nationale en Guinée ;
En plus de cet engagement politique, des initiatives individuelles ou collectives sont développées pour la plupart par les organisations que vous êtes. Nul ne doute de la volonté des partenaires au développement quant à leur appui technique et financier afin de relever ce défi lié à ce processus.
C’est pourquoi, il est indispensable pour les acteurs de la société civile et ce à quelque niveau qu’ils soient, de se mettre ensemble autour d’objectifs communs, pour une synergie d’action, empêchant ainsi la dispersion des efforts et la multitude d’initiatives autour d’une question aussi sensible et importante qu’est la réconciliation nationale.
C’est justement pour répondre à cette préoccupation, Madame le Gouverneur que le FONGDD, organisateur du présent atelier a très tôt pris l’initiative de mettre l’ensemble des acteurs et d’éminentes personnes ressources, au tour de la même table afin d’échanger, de partager et de capitaliser leurs expériences en matière de réconciliation nationale.
Cet atelier qui bénéficie de l’appui technique et financier de OSIWA durera deux (2) jours et permettra aux participantes et participants :
• Renforcer la compréhension des points focaux (médias et des OSC) sur leurs responsabilités dans le succès du processus de réconciliation nationale ;
• Identifier les poches de résistance au processus de réconciliation nationale (risques et opportunités) ;
• Introduire le processus des consultations comme étant le maillon clé du processus de réconciliation nationale.
Nous voudrions pour terminer, Madame le Gouverneur, exprimer au gouvernement guinéen notre reconnaissance pour les multiples efforts consentis dans le cadre du processus de réconciliation nationale.
A OSIWA notre partenaire technique et financier qui croit en l’avenir du processus, qu’il trouve ici l’expression de notre profonde gratitude et notre disponibilité renouvelée à contribuer à l’atteinte des objectifs qu’il s’est assigné en Guinée.
Enfin a tous les partenaires notamment le Haut Commissariat aux Droits de l’Homme et au PNUD nos remerciements pour les appuis qu’ils ne cessent d’apporter à notre pays en général et aux acteurs de la société civile en particulier
Je vous remercie
Discours d’ouverture de Madame le Gouverneur de Kindia
 Mr le PCROSCG de Kindia
 Mesdames et Messieurs les représentants des Médias
 Monsieur le 1er VP du FONGDD
 Monsieur le Représentant de OSIWA
 Messieurs et Mesdames les participants.

L’organisation du présent atelier autour du processus de la justice transitionnelle et de la réconciliation dans notre pays, m’offre l’opportunité de m’adresser à vous pour vous dire combien nous sommes confortés, encore une fois, d’être ici, parmi vous.
En y associant le président du conseil régional des organisations de la société civile et les représentants des médias, bénéficiaires de cette rencontre, je souhaite tout d’abord à tous les participants, qui ont accepté de faire ce déplacement, une cordiale bienvenue et un agréable séjour de travail, à Kindia.
Mesdames et Messieurs,
Vous conviendriez avec moi que l’activité que vous avez programmée est toujours d’actualité et son importance inestimable.
En effet, l’exercice sur la capitalisation des acquis, à la suite des séries de formation qui l’ont précédé, est bel et bien indiqué pour passer à d’autres étapes du processus.
Importance aussi, par le fait que votre atelier vise toujours à accompagner cette volonté politique clairement exprimé par le chef de l’Etat et le gouvernement, pour le renforcement de la paix et de la solidarité nationale.
Notre pays doit promouvoir et préserver la stabilité.
La justice est la base de la réconciliation nationale et du développement durable.
Mesdames et Messieurs, on parle aujourd’hui des OSC et des médias, à travers ces séries de formation, d’échange et d’évaluation.
C’est un exemple, un bel exemple, choisi parmi tant d’autres de la société guinéenne, pour votre implication, au premier plan, dans ce processus de réconciliation.
Autant vous dire, que nous comptons sur votre apport et votre appui pour la réussite de ce processus qui est au cœur des préoccupations du gouvernement de la 3ème république.
Mesdames et Messieurs,
C’est donc, dans cette optique, que je voudrais féliciter et remercier, à nouveau le FONGDD et OSIWA, pour la constance et la pertinence de leur intervention, dans l’organisation de tels atelier de formation et d’échange, depuis 2012.
Et comme le soulignait, tantôt, SE Monsieur le Président de la république, le Professeur Alpha CONDE, « ……….. Étape par étape, vers une vie meilleure, telle est notre ambition. A chaque étape, nous cherchons à faire deux choses simultanément : unifier notre nation, mais aussi la changer…… ».
En tant que responsables à la base, au niveau de vos secteurs respectifs, je reset convaincue que vous pourrez valablement apporter votre contribution pour la réussite du processus de réconciliation, tant suffisamment outillés par les exercices passs et au regard de vos observations sur le terrain et des stratégies de mises en œuvre par les autorités régionales, préfectorales et communales, dans ce cadre.
Tout en souhaitant plein succès à vos travaux, je déclare le présent atelier de capitalisation des acquis de la justice transitionnelle et la réconciliation nationale.
Vive le professeur Alpha CONDE, Président de la République
Je vous remercie
Dr Doma TRAORE, Directeur de Cabinet. (domatraore@yahoo.fr

Discours de clôture de Madame le Gouverneur de Kindia
Monsieur le Président du Conseil Régional des Organisations de la Société Civile de Kindia ;
Monsieur le Premier vice président du FONGDD ;
Monsieur le représentant de OSIWA ;
Monsieur le Consultant Facilitateur ;
Mesdames et Messieurs les participantes et participants.
Mesdames et Messieurs,

Je voudrais, à l’issue de ces deux journées de concertation autour de la capitalisation des acquis des différentes formations effectuées en faveur des OSC et médias sur la Justice transitionnelle et la réconciliation nationale, vous exprimer la satisfaction de Madame le Gouverneur empêchée pour la qualité des résultats de vos travaux. Résultats dont vous venez de faire la restitution, traduisant ainsi le sérieux, le courage et la responsabilité qui ont caractérisé vos débats.

Mesdames et Messieurs,
Avec cet atelier qui s’achève, vous venez de poser un jalon important pour l’avancement du processus de réconciliation nationale dans notre pays.

Cette rencontre, je suis certain a été pour vous un moment de réflexion et de mutualisation des expériences des uns et des autres sur la cohésion sociale et le rapprochement intercommunautaire, chose dont à besoin notre cher pays la guinée pour l’amorce d’un développement durable.

C’est pourquoi, comme je l’ai fait à l’ouverture, je voudrai, comme je l’ai fait à l’ouverture, je voudrais vous encourager à poursuivre votre engagement aux côtés du gouvernement de la 3ème république afin de conférer au processus de réconciliation nationale toute la réussite escomptée.

Mesdames et Messieurs,
Il est temps pour moi de remercier et de louer les efforts du gouvernement du Professeur Alpha CONDE, Président de la République, Chef de l’Etat pour la restauration de l’Etat de Droit, gage certain d’une paix durable.

Aussi, voudrais-je adresser mes sincères remerciements à OSIWA pour son appui financier qui a permis la tenue du présent atelier. A ces remerciements, j’associe celui du talentueux consultant-facilitateur dont sa maitrise et son savoir faire ont largement contribué à la réussite de la présente rencontre.
En fin, je remercie les organisateurs pour le choix port sur notre capitale régionale pour abriter cet important atelier de capitalisation.

C’est sur ces mot, tout en vous souhaitant bon retour dans vos familles respectives, que je déclare clos l’atelier de capitalisation des acquis de la formation des médias et des OSC sur la justice transitionnelle et la réconciliation nationale en république de Guinée.

Je vous remercie.
Dr Doma TRAORE, Directeur de Cabinet. (domatraore@yahoo.fr
6.2. Motion des participants à l’Atelier de capitalisation des acquis de la formation des Médias et des OSC sur la Justice Transitionnelle et la Réconciliation Nationale en République de Guinée tenu les 9 et 10 Juin 2014 à l’ENI de Kindia

Venus des 33 préfectures du pays et des 5 communes de Conakry, les participants à l’Atelier de capitalisation des acquis de la formation des Médias et des OSC sur la Justice Transitionnelle et la Réconciliation Nationale en République de Guinée tenu les 9 et 10 Juin 2014 à l’ENI de Kindia ;

Considérant que la République de Guinée n’a jamais connu de guerres civiles ;

Considérant cependant qu’elle a connu un passé douloureux caractérisé par de multiples violations de droits de l’homme à toutes les étapes de son évolution avec l’existence d’un nombre important de victimes et d’auteurs de crimes ;

Considérant que ces violations des droits de l’homme constituent les bases réelles des frustrations et des foyers de tension ;

Considérant que la gestion d’une paix durable en République de Guinée est confrontée aux défis majeurs de ressources humaines et matérielles limitées, d’un système judiciaire faible et corrompu, et d’un processus démocratique fragile ;

Vu la volonté politique du Gouvernement déjà amorcée à travers la mise en place d’une commission nationale provisoire de réconciliation, la création d’un département ministériel des droits de l’homme et des libertés publiques, l’ouverture d’un bureau à Conakry du Haut Commissariat des Droits de l’Homme des Nations Unies, la mise en place d’un fonds pour la consolidation de la paix au niveau du Programme des Nations pour accompagner le processus de réconciliation Nationale en Guinée ;

Les participants à l’atelier conscients que la Justice transitionnelle est l’ensemble des mécanismes judiciaires et non judiciaires qui visent à faire sortir un pays d’un passé divisé vers un avenir partagé ;
Les participants à l’atelier convaincus qu’aucune réconciliation nationale n’est possible sans une justice véritable ;
Recommandent :
• Aux Points Focaux issus du processus de formation en Justice Transitionnelle :
– D’être les vrais artisans de la réconciliation dans leurs localités respectives en s’impliquant activement dans la gestion des conflits dans la plus stricte neutralité ;

– De mettre en pace un plan d’action prenant en compte l’existence de tous les partenaires (Forces de Défense et de Sécurité, leaders religieux, conseils des sages, ONG, Projets) ;

– D’assurer le compte rendu périodique de leurs activités au Forum des ONG ;

• Au Forum des ONG pour le Développement Durable (FONGDD) :
– Assurer l’accréditation de l’ensemble des points focaux auprès des autorités localités en vue leur permettre de jouer leur rôle en toute sérénité ;

– Identifier les sources et les opportunités permettant aux Points Focaux l’acquisition des moyens matériels et financiers pour la mise en œuvre de leur plan d’action ;

– Mettre à la disposition des Points Focaux tout outil et moyen susceptible de faciliter l’accomplissement de leurs tâches ;

– Mettre en œuvre tout ce qui lui est possible pour se positionner comme Point Focal National, acteur de paix engagé dans le cadre de la réconciliation ;

• Aux partenaires Techniques et Financiers :
– De poursuivre leurs efforts d’appui en moyens techniques et financiers au Forum et aux Points Focaux (préfectoraux et communaux).

• Au Gouvernement :
– De procéder à la déconcentration du Ministère des droits de l’homme et des libertés publiques aux niveaux régional, préfectoral et sous préfectoral ;

– De s’engager fermement dans la lutte contre l’impunité sous toutes ses formes

– D’identifier et mettre en synergie tous les acteurs intervenant dans le processus de réconciliation ;

– De persévérer dans sa volonté politique de réconciliation nationale à travers la mise en place de la commission définitive de réconciliation nationale et le lancement des consultations nationales ;

– Dans le souci de la préservation de la paix et de la quiétude sociale, les participants à l’atelier de capitalisation des acquis de la formation des Médias et des OSC sur la Justice Transitionnelle et la Réconciliation Nationale en République de Guinée demandent incessamment au gouvernement et à tous les acteurs (partis politiques, société civile), de relancer le cadre de dialogue avec l’opposition.

Les participants

6.3. RESULTATS DES TRAVAUX DE GROUPE
Les contributions sur la base des expériences vécues par les points focaux

LES SUCCES DE LA RECONCILIATION NATIONALE DANS LES COMMUNES DE CONAKRY.
CONTEXTE :
Les multiples et massives violations des droits humains qui ont émaillé l’histoire de la guinée ont contribué à fragiliser le tissu social et à saper tous les efforts déployés pour bâtir une Guinée démocratique. L’évolution du contexte social et politique après plus de 50 ans d’indépendance loin de contribuer à réduire les tensions et les frustrations héritées des régimes politiques successifs a plutôt accentué les replis identitaires et la violence de tout genre.
Naturellement, la ville de Conakry, capitale politique et économique, ou cohabitent toutes les entités sociales de la nation a fortement subi les douloureuses blessures des crises politiques, socio-économiques ayant conduit à des tensions de violence dans les secteurs, quartiers et communes de la zone spéciale de Conakry.
Ainsi, la société civile guinéenne, au sortir de l’atelier de formation des osc et des medias sur le concept de justice transitionnelle et la réconciliation nationale dans la zone spéciale de Conakry, du 10 au 11 décembre 2012 à travers les points focaux mis en place, un certain nombre d’activités ont été menées par ces points focaux conformément aux plans d’action élaboré soit sur initiative propre soit en collaboration ou accompagnement d’autres osc ou des pouvoirs publics dont entre autres :
1 – la mise en place des démembrements du comité provisoire de réflexion sur la réconciliation nationale dans les communes de Conakry ;
2 – La démilitarisation des communes de Conakry dans le cadre du programme de la reforme du secteur des forces de défenses et sécurités ;
3 – La relance et la redynamisation des cercles d’innovation dans les collectivités de Conakry ;
4 – La création de la police de proximité en expérimentation dans les communes de Matam, ratoma et matoto ;
5 – La mise en place des comités locaux de paix ;
6 – La tenue des ateliers pré-test et de consultation par groupe cible dans le cadre de la réforme du secteur de la sécurité ;
7 – La sensibilisation porte à porte dans les QG des partis politiques (fédérations et sections) de la commune de Ratoma ;
8 – Les cérémonies de lecture du saint coran dans certaines mosquées des communes de Conakry pour la paix et la réconciliation nationale ;
9 – Les campagnes de sensibilisation dans les marchés de Conakry ;
10 – Les sensibilisations faites dans les lieux de culte à travers les sermons sur la paix et la réconciliation nationale pour plus de 6 mois par les ligues communales ;
11 – L’organisation des tournois de football en faveur de la paix dans les conseils de zones des organisations de la société civile ;
12 – La formation des groupements de femmes et jeunes sur les techniques d’assainissement du projet d’appui à l’insertion socio-économique des jeunes et femmes vulnérables à travers les activités d’assainissement ;
13 – La participation à l’atelier national sur la paix sociale en Guinée, stratégies pour son maintien et sa consolidation par ISESCO –Guinée ;
14 – La participation à l’atelier national organisé par la coalisation femmes et filles pour des élections apaisées ;
15 – La participation à des émissions radios (soleil FM, renaissance FM, et chéri FM) sur l’apaisement du climat social et la cohabitation pacifique dans les communes de Conakry et notamment à ratoma.
16 – séries de plaidoyer auprès autorités et services de l’EDG et de la SEG suite aux délestages dans les fournitures de l’électricité et de l’eau potable aux populations ;
17 – séances de sensibilisation et d’appel au calme, à l’apaisement et à la retenue de la société civile auprès des femmes et jeunes manifestants sur les voies et places publiques, réclamant l’eau, l’électricité et la construction des maisons des jeunes dans les quartiers et communes de la ville de Conakry.
18 – Plaidoyer pour la réintégration de 17 (dix sept) PME d’assainissement en conflit avec la commune. Pour réussir cette action, la coordination des OSC à amener l’autorité communale a accepté la mise en place d’un comité de médiation composé des représentants des collectivités, les PME et la société civile. A l’issue de la médiation un protocole d’accord intégrant les 17 PME avait été signé.
19 – Plaidoyer en faveur de la facilitation du recouvrement des taxes et impôts dans la commune de Matoto. Après deux (2) semaines de plaidoyer, les parties intéressées (commerçants, commune et la société civile) se sont entendu sur la mise en place d’un répertoire communal des sources de recettes.

RECOMMANDATIONS :
1 – Appuyer les points focaux et leurs doter de moyens suffisants pour la mise en œuvre des différentes activités ;
2 – Faciliter la création d’un cadre communal de concertation pour la consolidation de la paix et de l’unité nationale ;
3- Aider à la création d’une synergie d’actions entre les acteurs à la base ;
4 – Trouver un temps d’antenne pour la promotion des activités pour la paix et de l’unité nationale.

I. BASSE GUINEE :
La région basse guinée dix(101) préfectures dont cinq (5) de la région de Kindia (Kindia, Dubreka, Coyah, Forécariah, Télimélé) et cinq (5) de Boké (Fria, Boffa, Gaoual, Koundara et Boké).
Elle s’étend principalement sur le contre fort du Fouta Diallo et la savane arborée du Bazard.
Les populations de cette région, vivent principalement des fruits de l’agriculture et de l’élevage.
Les autres corps de métiers, y sont pratiques (artisanal, teintures, agriculture, élevage etc…
C’est une région riche en minerais qui sont exploités ou en voir d’exploitation.
Région basse guinée abrite une population cosmopolite. Qui regroupe les préfectures ci après :
• Boké, Fria, Boffa, Gaoual, Koundara.
• Kindia,Telémele, Coyah, Dubreka, Forécariah, composer de 40 CRD.
ONCLUSION :
Le groupe Basse Guinée, fait le recensement des problèmes récurrents de cette région. Ces problèmes
non exhaustifs sont de façon transversale, vécurent dans nos communautés.
Pour résoudre ses problèmes, nous points focaux dans nos localités restons disponibles pour toutes les démarches appliquées de la justice transitionnelle.
Sans paix, pas de développement humain durable.
Groupe BASSE GUINEE

II. MOYENNE GUINEE
Présentation de la région de la Moyenne Guinée
La Moyenne Guinée couvre une superficie de 600km2 et compte 1,6 millions d’habitants. Située au nord-ouest de la Guinée elle compte dix (10) préfectures qui sont : Mamou, Pita, Dalaba, Labé
Mali, Lelouma, Koubia, Gaoual, Koundara et Tougué.
Les communautés y habitants sont à majorité peulhs (éleveurs, agriculteurs).On y retrouve également des communautés manding assimilées.
Les conflits qui assaillent cette région sont d’ordre domanial, inter ethnique, politique, religieux, agro pastoral.
Pour une véritable réconciliation entre les fils et filles vivants en moyenne guinée, il faut :
Faire connaître les points focaux dans leurs préfectures respectives à travers des badges, des mandants etc…
Doter les points focaux de moyens logistiques et financiers pour leur fonctionnement.
Identification et formation des personnes ressources par les points focaux en vue de constituer une équipe pour les consultations.
Identifier les parties en conflit
Analyser le conflit
Sensibilisation, médiation et réconciliation.
RECOMMANDATIONS :
Respect des clauses
Dynamiser les comités locaux de paix
Impliquer les acteurs de paix (sage, médias, OSC etc..)
Assurer le suivi
Implication effective de l’Etat dans le processus de réconciliation.
Le groupe

III. HAUTE GUINEE
Démarche à suivre pour la réconciliation en Haute Guinée :
I. Présentation de la Haute Guinée
La haute Guinée regroupe les préfectures de Dabola, Dinguiraye, Faranah, Kouroussa, Kankan, Siguiri, Mandiana et Kérouané. Dans chacune de ces préfectures, il ya même un Soti Kémo qui reçois et géré tous les conflits avec bien sûr la participation du conseil des sages notamment les sages des différentes familles et les principales langues parlées sont :
• Le Manika
• Le poular
Problèmes récurrents :
 Conflits dominicaux
 Conflits entre Agriculteurs et éleveurs
 Conflits miniers
 Conflits de succession
 Conflits politiques
Démarche à suivre :
Le médiateur doit ont d’abord se présenter aux autorités administratives aux quelles il expliquera l’objet de sa mission. Ensuite il se présentera avec les dix (10) noix de cola traditionnelle aux autorités coutumier et religieuses pour l’introduction lu ou des problèmes à débattre. Cette étape le fixera dans les voir à suivre pour contacter individuelles les parties en conflit. Pendant cette consultation le médiateur connaîtra les raisons réelles du conflit. Il aura ainsi l’opportunité de réunie les deux parties dans un lieu de leur convenance avc la participation des sages et l’administration. A cette occasion également, la tradition exige que 10 noix de cola soient présentées aux participants par l’entremise des sages présents et demandera à ces derniers de diriger les débats à chaque fois que les voies se lèveront pour empêcher l’entente. Une fois la réconciliation obtenue, le médiateur remerciera les parties, tous ce qui a contribué à la résolution de ce conflit mettant ainsi cette victoire au compte des sages, il leur confiera la nouvelle situation et leur demandera la bénédiction pour tous.
Le Médiateur prendra soins de passer dans les familles ou communautés réconciliées en compagnie d’une délégation des sages et de l’administration pour les remercier et leurs demander d’enterrer définitivement la hache de guerre conformément aux désirs de la sagesse. Le point Focal doit prendre part à toutes ces étapes.
II. Recommandations :
1. Que les points focaux fassent un effort pour être reconnu à travers les écrits, la désignation officielle des points focaux (texte juridiques) ;
2. La présentation aux autorités de administratives, élus locaux à travers un mandat ;
3. Donner à chaque point focal la copie de la synthèse des démarches et recommandations retenues par la présente rencontre ;
4. Renforcer les capacités des points focaux (rencontres et documentations)
5. Appui financier et logistique aux points Focaux ;
6. Le suivi régulier des points Focaux par le FONGDD ;

IV. GUINEE FORESTIERE
Démarche et recommandations pour la réconciliation nationale

Aperçu général de la Guinée Forestière
La Guinée Forestière est l’une des quatre régions naturelle de la République de Guinée, située au Sud Est du pays.

Elle est limitée au Nord par les Régions Administratives de Faranah et de Kankan, à l’Est par la République de la Cote d’Ivoire, à l’Ouest par celle de la Sierra Léone et au sud par la République du Liberia. Elle couvre sept préfectures qui sont : Beyla, Gueckedou, Lola, Macenta N’Nzérékoré, Kissidougou et Yomou. Sa population s’élève à plus de 280000 habitants (selon les estimations de 2011 du PNUD) principalement composée des groupes ethniques suivants : Manon, Kpèlè, Konia, Konon Loma, Kissi. A cette mosaïque ethno-culturelle s’ajoutent les Peulhs venus du Fouta, les Soussous de la Basse Guinée, les Malinkés de la Haute Guinée et les étrangers venus des pays voisins et d’ailleurs. La présence de tous ces groupes ethniques fait des grandes villes de cette région des villes cosmopolites. La diversité ethnique est caractérisée par des cultures riches et variées ; les religions sont : L’Islam, le Christianisme et l’animisme.
Les principales activités économiques sont : l’agriculture, l’agro-industrie, l’élevage, le commerce et l’artisanat.

Tous ces facteurs ont favorisé des mouvements sociaux vers la région où il fait bon vivre.
Mais depuis les années 90 jusqu’à nos jours, cette région qui était hier, paisible où la diversité des cultures, des religions, des ethnies était considérée comme une richesse, une opportunité, un atout. Ces facteurs constituent aujourd’hui une source de menace à la paix et à la cohésion sociale à cause des intérêts égoïstes et la recherche du pouvoir. Les partis politiques à coloration essentiellement ethnique propagent, pour la plupart, à travers leurs campagnes, des messages qui déchirent le tissu social et provoquent des violences. L’arrivée des sociétés minières et agro-industrielles a suscité un espoir inestimable chez les populations pour le développement socio-économique de la région. Cependant, la mauvaise compréhension de la politique d’emploi de ces sociétés par les populations hôtes a engendré des conflits sans précédent entre populations riveraines, les sociétés d’exploitation et des autorités.

L’explosion démographique et l’afflux des populations à la recherche du bien être entraîne aussi des conflits domaniaux récurrents, parfois meurtriers entre éleveurs, agriculteurs, familles, ethnies, et paysans.

Parmi ces crises, on peut citer : l’affrontement ethnique entre Konia et kpèlè en juin 1991 ; le conflit suite à la percussion par un cycliste d’un oncle de l’imam d’une mosquée à Horoya Kpama (Nzérékoré) en 2004 ; le conflit ethnique entre les Tomas et les Manias à Macenta ; le conflit entre une famille Kpèlè et des musulmans au quartier Nzebela Togba pendant le mois saint de ramadan en 2006 (Nzérékoré) ; le soulèvement populaire suite à la dégradation poussée de la route Conakry-Nzérékoré en 2006 ; la dispute entre deux citoyens lors de la prière à la mosquée de Gonia en 2008, qui s’est transformée en affrontement interethnique à connotation religieuse; la crise post électorale après le 1er tour des élections présidentielles guinéennes en 2010 ; le massacre de Galakpaye dans Yomou en 2011 entre Konia et Kpèlè ; la crise de Saoro entre la Société Guinéenne de Palmier à Huile et d’Hévéa (SOGUIPAH) et les populations riveraines ; les crises entre éleveurs et agriculteurs à Moana (Beyla), Lainé (Lola) en 2012 ; le conflit opposant Malinké et Kissi à Guéckédou en décembre 2012, le conflit entre éleveur et agriculteurs à Kassadou (Gueckedou) en2014, conflit politique entre peul et malinké suit à la proclamation des résultats des élections présidentielles à Kissidougou en 2012 et les événements tragiques des 15, 16, 17 et 18 juillet 2013 entre Kpèlè et Konia à Koulé, Nzérékoré et Beyla.

 LES DEMARCHES Pour la résolution de ces différents conflits et le maintien d’une paix durable, la commission de réflexion propose la démarche suivante :
o Procéder à des consultations populaires
o Identifications des personnes ressources (écoutés)
o Formalisation et valorisation des pactes d’alliances
o Création d’un cadre de dialogue et de concertation périodique
o Recherche des causes profondes (historiques)
o Analyse des causes
o Propositions de solutions de règlements
o Résolutions.
o Proposition de solutions de prévention

 RECOMMANDATIONS
Pour aboutir à ce processus de réconciliation il est nécessaire de tenir en compte les recommandations suivantes :
o Implication de tous les acteurs dans le processus de réconciliation.
o Tenir compte des réalités socioculturelles
o Respect des pactes communautaires (non politisés)
o Application rigoureuse des textes de loi
o Réparation (individuel ou collectif)

La liste des membres du groupe:
1. Mr Zaoro Joseph MANIMOU: Yomou 622 68 88 56 ;
2. Mme Hélène Kokolou ZOGBELEMOU: N’zérékoré 657 26 76 64 ;
3. Mme Josephine SIDIBE : Macenta 622 61 13 48 ;
4. Mr Dogouna CONDE : Beyla 622 11 49 93 ;
5. Mr Galema SOVOGUI : Lola 662 10 13 86 ;
6. Mr Fassa Léla KAMANO : Guéckédou 622 37 62 27 ;
7. Mme Fanta CONDE : Kissidougou 666 44 49 18

Kindia, le 10 Juin 2014

6.4. RAPPORTS JOURNALIERS
JOURNEE I : LE 09 JUIN 2014
Tenu dans la grande salle de formation de l’ENI de Kindia du 9 au 10Juin 2014, par le Forum des ONG pour le Développement Durable « FONGDD » avec l’appui financier d’OSIWA, qui a regroupé les points focaux des régions de Kindia, Mamou, Boké, N’Nzérékoré et des points focaux des 5 communes de Conakry avec un total de 38 invités dont 10 femmes et 28 hommes.

Cette première journée à démarrée par :
• L’accueil et l’installation des participants par le président du CROS de Kindia et les organisateurs
• Désignation des rapporteurs de la journée 1
• Un tour de table
• Mise en place d’une commission de motion

A 10h 00 l’arrivée de Mr le directeur de cabinet (représentant Mme le gouverneur de la région administrative de Kindia) procédé a l’ouverture de la dite cérémonie par :
• Le discours d’allocution de bien venu par le président du CROSC de Kindia
• Le discours du forum des ONG par le représentant de l’ONG
• Le discours d’ouverture par Mr le Directeur du cabinet qui a salué cette initiative de réconcilier
des fils et filles d’un même territoire, n’a pas manqué de remercier OSIWA pour son appui financier et aussi encourager les points focaux à redoubler encore leur efforts.
Un rappel du contexte et du processus de la justice transitionnelle a été faite par le facilitateur, ce qui lui permit de poser la question sur les piliers de la justice transitionnelle à savoir :
Le droit de savoir
Le droit à la justice
Le droit à la réparation
Les réformes institutionnelles

Cette justice transitionnelle qui fait sortir, un pays d’un passé divisé vers un avenir partagé. Il a été demandés à chaque point focal de présenter le bilan de son plan d’action, suivi de la petite pause.
A la reprise, nous avons continués sur le compte rendu de la mise en œuvre des plans d’actions élaborés lors de la session de formation des points focaux. A l’issu de tout cela, quelques difficultés, faiblesses et points forts ont évoqué :
• Non reconnaissance des points focaux par certaines autorités administratives.
• Non accompagnement des points focaux, dans leurs exercices de fonction par les organisateurs et les bailleurs de fond.
• Défaut de mandats par les organisateurs ils a été retenu comme points forts.
• Présentation de l’équipe par les autorités administratives et politiques.
• Restitution de l’atelier
• Mise en place de certains comités de pilotage
• Résolution de beaucoup de conflits dans les différents localités (entre amis, dans le foyer, ethniques, politiques, entre quartiers, voir même sectoriels)
• Organisation de lecture de sain coran dans certaines localités.
Deux questions importantes, ont été posées par le facilitateur à savoir :
1) Quel est la qualité d’un point focal ? ces qualités sont un bon point focal, doit être dans sa localité et partout :
• Connaître son milieu social
• Sans aucune appartenance ethnique
• Impartial et neutre
• Attentif
• Apolitique
2) La stratégie ?
• D’influencer leur structure d’origine pour réaliser le plan d’action.
Une 3em question est revenu à la fin de la pause café à savoir comment recadrer un problème ? Là il faut qu’un point fort soit créatif, fort, veuillez sur ce qu’il dit et doit changer sa société.
Quelles leçons a tiré en tant qu’acteur de la société civile ?
• Doit incarner la vérité
• Faire attention à la politique
• Cultiver la paix
• Avoir des archives
• Attirer l’attention des politiciens
L’élément fondamental de la justice transitionnelle est la consultation populaire
Constitution d’un groupe de réflexion sur le processus de réconciliation en Guinée.
Suivi de la projection du texte de réconciliation et un film sur la réconciliation.
Des questions très importantes ont été posées par un point focal pour savoir :
a) Quelle sera la position du forum au niveau national ?
b) Quelle sera la collaboration entre les points focaux et les animateurs recrutés par le PNUD ?
Cette première journée a pris fin par une évaluation des participants à 17h 18 min.
Kindia, le 10/06/2014
Les rapporteurs :
Aissata Mariama Soumah-Dubreka,
Mamadou Diafarou Bah- Télimelé

RAPPORT DU JOUR 2
Cette journée a débuté par la lecture du rapport du jour1, suivi des critiques, amendements et validé sous réserve.
Le Facilitateur d’entrée a souhaité qu’un participant explique le processus de résolution d’un conflit qu’il a géré. C’est ainsi le Président du Conseil Régional des OSC de Kindia est longuement revenu sur un conflit minier opposant la sous-préfecture de Mambia et une société minière de la place, il mettra aussi l’accent sur la défaillance des forces de défense et de sécurité de notre pays dans le maintien et du rétablissement de l’ordre. Ce récit a été suivi de la répartition des participants en travaux de groupes par région naturelle et la zone spéciale de Conakry, dont la consigne était la suivante : Quelle démarche et recommandations pour la réconciliation nationale ? Celle-ci devait être précédée de la présentation de la région, des problèmes rencontrés et des solutions proposées.
Par ailleurs, les travaux ont duré plusieurs heures sous la supervision du Facilitateur, suivi de la plénière. Celle-ci a commencé par la région de la Basse-Guinée en l’occurrence Kindia, la Moyenne-Guinée, la Haute-Guinée, la Guinée-Forestière et la zone spéciale de Conakry.
Il faut rappeler que chaque plénière a été accompagnée de débats constructifs et fructueux, le Facilitateur clôtura cette séance en établissant un parallèle entre les différents types de consultations à savoir : l’élaboration des fiches d’enquête (questionnaire) et l’organisation des focus groupes, suivra la distribution des fiches d’évaluation de l’atelier.
CEREMONIE DE CLOTURE :
A noter que plusieurs interventions ont ponctué cette cérémonie dont entre autres :
• Celle du représentant du Forum des ONG, qui a martelé l’effort fournit par les participants tout en adressant ses sincères remerciements au Conseil Régional des OSC de Kindia pour la réussite de l’atelier, il soutien enfin qu’au nom de la Présidente du FONGDD que, les recommandations issues de cet atelier seront prises en compte,
Il exprimera ses vœux de bon retour aux participants dans leurs familles respectives.
• Le représentant des participants, procédera à la lecture de la motion qui intègre les recommandations et les messages tant à l’endroit des organisateurs, des autorités administratives et politiques que des partenaires qui sont engagés dans l’accompagnement du processus de réconciliation en guinée.
• Dans son discours de clôture, le Directeur de Cabinet du Gouvernorat de Kindia, représentant de Madame le Gouverneur a déclaré la satisfaction de celle-ci, que cet atelier a permis une réflexion profonde et une mutualisation des efforts, il a ensuite adressé ses remerciements au Forum des ONG, à OSIWA, au Facilitateur et tout en souhaitant enfin un bon retour à tous les participants dans leurs familles respectives, suivi de la photo de famille.
• Le clou des activités a été la prise de photo de famille de l’ensemble des participants avec les officiels du gouvernorat de Kindia suivi en fin par le paiement des frais de transport aller et retour et d’autres frais liés à l’hébergement.
Kindia, le 10 juin 2014, Le Rapporteur
TOURE Abdoulaye Kadiatou/CCOSC-MATAM
Point Focal/JT-RN

6.5. TERMES DE REFERENCE

I. CONTEXTE
La République de Guinée a été affectée ces dernières années par une succession de crises caractérisées par la rupture du dialogue social, la paupérisation et la mauvaise gouvernance. La recherche des solutions à ces crises multiformes ont abouti en janvier 2010 à la signature des accords de Ouagadougou dont la mise en œuvre a permis l’élection du premier président démocratiquement élu dans l’histoire du pays.

Ces crises souvent déclenchées par des évènements spécifiques ou aggravées sinon instrumentalisées par certains responsables ou de simples citoyens, ont été émaillées de multiples cas de violations de droits de l’homme. Cependant, des associations de victimes ainsi que des groupes de pression ne cessent de réclamer justice et réparation.

II. DEFIS ET JUSTIFICATIONS
Les institutions politiques émanant des élections de novembre 2010 se sont lancées dans un processus de réconciliation nationale, notamment à travers la création d’une commission provisoire sur la réconciliation. Nul ne doute aussi de la volonté des partenaires au développement quant à leur appui technique et financier allant dans le sens de parfaire ce processus et de le rendre consensuel et effectif.

Les parcours des processus de réconciliation nationale observés dans d’autres pays africains et ailleurs renseignent que la justice transitionnelle est une donne indispensable et un paramètre de succès sous-tendant les efforts politiques pour une cohésion sociale et pour satisfaire les exigences de justice exprimées par les victimes.

Avec l’appui financier de OSIWA, le FONGDD a organisé de séries de sessions de formation sur la justice transitionnelle en novembre 2012. Au terme de ces formations, les participants à travers de plans d’actions assortis de l’identification des points focaux, ont pris un certain nombre d’engagements afin de parfaire les acquis et d’en faire une large diffusion dans leurs localités respectives.

C’est dans cette optique que le FONGDD en partenariat avec OSIWA ont initié un projet de capitalisation sur les questions de la justice transitionnelle en vue d’une réconciliation nationale effective et réussie. Ledit projet soumis à OSIWA est la suite logique des précédentes formations.

III. OBJECTIFS

 Objectif global
« Contribuer à accroitre les chances de succès du processus de réconciliation nationale en République de Guinée à travers le renforcement des capacités des opérateurs des médias et des acteurs de la société civile sur la justice transitionnelle »

 Objectifs spécifiques :
• Renforcer la compréhension des points focaux (médias et des OSC) sur leurs responsabilités dans le succès du processus de réconciliation nationale ;
• Identifier les poches de résistance au processus de réconciliation nationale (risques et opportunités) ;
• Amener les participants a un engagement citoyen et militantisme pour conduire à bien le processus de réconciliation nationale ;
• Introduire le processus des consultations comme étant le maillon clé du processus de réconciliation nationale.

IV. Résultats attendus
• Le lien entre la justice transitionnelle et la réconciliation nationale est établie et comprise par les participants ;
• Les expériences de 38 participants sont partagées et capitalisées ;
• Les obstacles, les opportunités et les défis liés au processus de réconciliation sont connus et capitalisés ;
• Les propositions sont faites assorties de recommandations pertinentes ;
• La notion de consultation nationale est comprise par l’ensemble des participants. :
• Un rapport final intégrant toutes les préoccupations est fait par le facilitateur.

V. Cibles
Les points focaux identifiés lors des formations régionales de novembre 2013, composés de 33 préfectures et de 5 communes urbaines de Conakry.

VI. Stratégie de mise en œuvre
Sous forme d’atelier, il s’étendra sur deux (2) jours consécutifs, au cours desquels, le Facilitateur interrogera les participants à travers des consignes de travail sur le processus de réconciliation (défis, opportunité et obstacles) assorti de recommandations

VII. Calendrier : juin 2014


6.9. Quelques photos de moments forts de l’Atelier